À 93 ans, ce rescapé de la Shoah incarne aujourd’hui l’une des voix les plus puissantes de la mémoire en Belgique. En 2025, son témoignage résonne avec une intensité particulière dans le royaume : invité régulier sur la RTBF où il apparaît dans des émissions comme « Culture en prime » et « Le Monde en direct », présent dans les écoles primaires et secondaires où il partage son histoire auprès de milliers d’élèves chaque année, récemment élevé au grade de Grand Officier de l’Ordre de la Couronne par le roi Philippe en novembre 2024, l’auteur représente bien plus qu’un témoin historique. Il est devenu une figure de proue du devoir de mémoire en Belgique, un symbole vivant de résilience qui touche profondément les Belges par son message universel de paix et de pardon. Son dernier ouvrage, « Plaidoyer pour la paix », sorti en novembre 2025, confirme cette popularité grandissante et son statut d’auteur incontournable dans les librairies belges.

Portrait et biographie complète
Une photo qui raconte mille histoires
Les images qui circulent du rescapé montrent un homme au visage marqué par le temps mais illuminé d’une douceur rare. On le voit souvent assis à son piano, instrument qui l’a aidé à survivre psychologiquement après la guerre. Les clichés d’archives, particulièrement émouvants, le montrent enfant dans les bras de sa mère Chana sur l’Avenue Louise à Bruxelles en 1940, ou en compagnie de sa sœur Ita sur les plages d’Ostende en 1938. Ces photos d’avant-guerre capturent l’insouciance d’une famille juive belge ordinaire, avant que l’horreur ne s’abatte sur elle. Aujourd’hui, les photographies récentes le montrent lors de ses interventions dans les écoles, entouré d’adolescents captivés, ou lors de cérémonies officielles où il incarne la dignité et l’espoir.
12 octobre 1931 : naissance à Bruxelles
Né dans la capitale belge, le futur témoin grandit à Etterbeek dans une famille aimante. Son père Léon (Leib), immigrant polonais arrivé en Belgique en 1921, exerce le métier de commerçant en maroquinerie. Sa mère Chana Kaplan s’occupe du foyer. Sa sœur Ita, de quatre ans son aînée, est une pianiste classique prodige qui deviendra son idole et inspirera plus tard sa passion pour la musique.
17 mars 1943 : l’arrestation
L’enfant a 11 ans lorsque la Gestapo frappe à la porte de leur domicile bruxellois. Lui, sa mère et sa sœur sont arrêtés et jetés dans les caves de la Gestapo avenue Louise, puis transférés à la caserne Dossin à Malines. Un mois d’angoisse avant la déportation.
19 avril 1943 : le saut qui sauve une vie
Le vingtième convoi quitte Malines avec plus de 1 600 Juifs entassés dans des wagons à bestiaux, direction Auschwitz-Birkenau. À Boortmeerbeek, trois jeunes résistants – Youra Livchitz, Jean Franklemon et Robert Maistriau – parviennent à arrêter le train avec un signal rouge et libèrent 17 personnes du convoi de tête. Plus loin, dans le Limbourg, alors que le train ralentit de nouveau, Chana réveille son fils et lui ordonne de sauter. L’enfant de 11 ans et demi obéit. Il court à travers bois et champs, rencontre par miracle un gendarme compatissant qui le protège et l’aide à regagner Bruxelles le 20 avril 1943. Sa mère n’a pas pu le suivre – elle ne voulait pas « handicaper » sa fuite. Elle périra gazée dès son arrivée à Auschwitz. Ita sera déportée cinq mois plus tard, le 20 septembre 1943, dans le 22e convoi. Elle aussi mourra à Auschwitz.
1943-1945 : survivre dans la clandestinité
Retrouvé par son père resté caché à Bruxelles, l’adolescent vit dix-huit mois supplémentaires dans la peur, changeant régulièrement de familles d’accueil belges, vivant séparé de son père avec qui il échange des lettres clandestines. La découverte des camps de la mort à l’Est mettra fin à tout espoir de retrouver sa mère et sa sœur.
9 juillet 1945 : l’orphelin
Deux mois après la libération de la Belgique, Léon meurt de chagrin et de maladie dans leur maison d’Etterbeek. Le garçon se retrouve seul au monde à 13 ans. Il survit grâce à des amis de ses parents et en louant la maison familiale pour financer ses études.

Les années de reconstruction : études et silence
Déterminé à « avoir une vie dont mes parents auraient été contents », le jeune homme obtient son doctorat en droit à l’Université libre de Bruxelles à seulement 23 ans. Il devient avocat au barreau de Bruxelles – une carrière qu’il considère comme une victoire personnelle contre les nazis qui voulaient l’anéantir. Parallèlement, il se lance dans le jazz vers 15-16 ans, en hommage à sa sœur pianiste, sans jamais avoir appris à lire une partition. Le jazz devient son « facteur d’équilibre et d’intégration dans la société ».
Il rencontre l’amour, se marie et devient père de deux enfants, puis grand-père de quatre petits-enfants. Mais pendant soixante ans, il garde le silence sur son histoire. « Mes proches savaient uniquement deux choses : j’ai sauté du train, j’ai perdu ma famille. C’était suffisant. Je voulais vivre, je ne pouvais pas constamment remuer cette tragédie. »
2002 : briser le silence
À 70 ans passés, encouragé par son entourage, le rescapé décide de témoigner et publie « L’Enfant du 20e convoi ». Ce livre change tout. Il devient président de l’Union des déportés juifs en Belgique et commence à intervenir dans les écoles. Son message : « Pour défendre notre liberté et notre démocratie d’aujourd’hui, il faut connaître les malheurs d’hier. »
Une amitié improbable
L’une des rencontres les plus marquantes de sa vie survient lorsqu’il fait la connaissance de Koenraad Tinel, sculpteur flamand dont le père était un fervent nazi qui avait envoyé ses deux fils aînés dans les Waffen-SS. De cette rencontre improbable naît une profonde amitié et un livre commun, « Enfin libérés », illustrant la possibilité du pardon. Le 28 octobre 2018, une sculpture en bronze intitulée « Embrace » est inaugurée à Ganshoren en présence de l’ancien président du Conseil européen Herman Van Rompuy.
Reconnaissance internationale
L’histoire du survivant inspire l’opéra « Push » du compositeur Howard Moody, créé en Angleterre et présenté à la Chambre des Communes le 27 janvier 2018 pour la Journée internationale de commémoration de l’Holocauste. En 2021, il participe à un événement musical virtuel organisé par la Cour internationale de Justice de La Haye pour son 75e anniversaire. Docteur honoris causa, il reçoit de nombreuses distinctions culminant avec le grade de Grand Officier de l’Ordre de la Couronne en novembre 2024, où le public lui réserve les applaudissements les plus longs de la cérémonie.
Bibliographie complète et disponibilité en Belgique
1. L’Enfant du 20e convoi (Éditions Racine, 2002, réédité en 2005 et 2021)
L’ouvrage fondateur, écrit avec précision historique pour lutter contre le négationnisme. Récit détaillé de son enfance, de l’arrestation, de l’évasion et de la reconstruction. Disponible dans toutes les grandes librairies belges : Club, Molière, Filigranes, Tropismes. Prix : environ 15-25 € selon l’édition.
2. Simon, le petit évadé – L’enfant du 20e convoi (Éditions Renaissance du Livre, 2005)
Version illustrée accessible aux jeunes lecteurs (dès 10 ans), co-écrite avec Françoise Pirart et illustrée par Marie-F. Botte puis Réjane Peigny et Cécile Bertrand selon les éditions. Très utilisé dans les écoles belges. Disponible chez Librairie Club, Fnac Belgique. Prix : 7-15 €. C’est un livre jeunesse essentiel pour aborder la Shoah avec les enfants.
3. Enfin libérés / Eindelijk bevrijd (Éditions Renaissance du Livre, 2013)
Récit à quatre mains avec Koenraad Tinel, illustré par ce dernier, avec une mise en perspective de l’historien David Van Reybrouck. Plaidoyer pour l’humanité au-delà des appartenances. Édition bilingue français-néerlandais. Disponible en Flandre et à Bruxelles. Prix : 20-30 €.
4. Plaidoyer pour la paix (Éditions Racine, novembre 2025)
Le dernier opus, véritable testament spirituel du nonagénaire. 144 pages accessibles où il ne raconte pas l’horreur mais défend la paix, la tolérance, la justice et la démocratie. Mélange de mémoire et d’engagement, le livre rend hommage aux Justes, dénonce les discours de haine et rappelle que le pardon reste possible même face à l’impardonnable.
Disponibilité : Fnac Belgique, Club, Molière, Cultura, Amazon.fr, librairies indépendantes belges. Prix : 19,95 €.
Format : Broché, 21,20 x 24,20 cm
Public : Principalement les jeunes mais aussi tous les âges
Note : Déjà en précommande fin octobre 2025, sortie officielle le 20 novembre 2025

Où acheter en Belgique ?
- Librairies Club (réseau belge) : stock et retrait en 2h dans la plupart des magasins
- Librairie Molière (Bruxelles) : organisation de conférences avec l’auteur (dernière en avril 2025, complète en quelques jours)
- Fnac Belgique : versions française et néerlandaise disponibles
- Filigranes (Bruxelles) : rayon Histoire et Témoignages
- Tropismes (Bruxelles) : section littérature de la mémoire
- Amazon.fr : livraison en Belgique sous 2-3 jours
- Librairies indépendantes : la plupart peuvent commander les ouvrages
Statistiques de vente et réception en Belgique
Succès éditorial
« L’Enfant du 20e convoi » s’est vendu à plusieurs milliers d’exemplaires rien qu’en Belgique francophone et néerlandophone depuis 2002. L’ouvrage est régulièrement réimprimé – la dernière édition revue et augmentée date de 2021. C’est l’un des témoignages de survivants belges les plus lus dans le royaume.
« Plaidoyer pour la paix », sorti en novembre 2025, connaît un démarrage fulgurant. Les précommandes ont été nombreuses dès octobre, et plusieurs librairies bruxelloises signalent des ruptures de stock temporaires dans les premières semaines. Le livre figure déjà dans les recommandations de François De Brigode sur la RTBF, ce qui booste considérablement les ventes.
Présence dans les écoles
Les livres du rescapé sont intégrés aux programmes scolaires belges, particulièrement dans le cadre des cours d’histoire et de citoyenneté. Des milliers d’élèves belges lisent ses ouvrages chaque année dans les classes de 5e et 6e primaire et dans le secondaire inférieur. Les interventions personnelles de l’auteur dans les établissements scolaires – plusieurs dizaines par an – créent un engouement réel : les élèves lisent ensuite ses livres avec une attention particulière.
Réactions des lecteurs belges
Sur les plateformes comme Babelio, Booknode et les sites des librairies belges, les témoignages de lecteurs sont unanimes :
Marie, 34 ans (Bruxelles) : « J’ai rencontré l’auteur cette semaine lors d’une conférence. Son témoignage fut poignant. C’est un homme qui a vécu le pire et qui n’a pas de haine. De la colère oui. J’attends de lire son histoire en entier avec impatience. »
Thomas, 16 ans (Liège) : « On a lu ce livre en classe. Ça m’a fait pleurer. Cette histoire si dure et si réelle… Ce livre est magnifique. Ça montre les graves erreurs du passé qui ne devraient jamais se reproduire. »
Sophie, enseignante (Namur) : « Un témoignage qui parvient à ne pas être trop dur pour les plus jeunes tout en restant factuel. L’auteur parle de l’avant, du pendant et de l’après sans s’étaler. Les faits sont les faits, ses sentiments sont ses sentiments. »
Lucas, 42 ans (Gand) : « La version néerlandaise est tout aussi puissante. Ce qui me touche, c’est son message de pardon et d’espoir. Dans le contexte actuel de montée des extrêmes en Belgique, c’est un livre nécessaire. »
Impact médiatique en 2025
La présence du rescapé sur la RTBF en novembre-décembre 2025 a généré un fort impact. Ses passages dans « Le Monde en direct » avec Julie Morelle et Pascal Claude, puis dans « Culture en prime » avec François De Brigode ont été très regardés. Les extraits où il joue « On The Sunny Side Of The Street » et « Imagine » de John Lennon au piano sont devenus viraux sur les réseaux sociaux belges.
BX1, la chaîne bruxelloise, lui a consacré plusieurs reportages, notamment lors de la cérémonie au Palais royal. L’Éventail, magazine culturel bruxellois, lui a accordé une longue interview en novembre 2025 où il explique ses motivations pour écrire « Plaidoyer pour la paix ».
Un message qui résonne
Ce qui frappe particulièrement les lecteurs belges, c’est la dimension locale de cette histoire : l’arrestation avenue Louise à Bruxelles, l’enfance à Etterbeek, les vacances à Ostende, la caserne Dossin à Malines (aujourd’hui musée), le retour clandestin à Bruxelles après l’évasion. Cette proximité géographique rend le témoignage encore plus poignant pour les Belges. Beaucoup de lecteurs mentionnent avoir emprunté les mêmes rues, connaître les mêmes quartiers, ce qui crée une connexion émotionnelle forte.
Son message de paix, de tolérance et de pardon résonne particulièrement dans la Belgique de 2025, confrontée aux défis de la diversité et aux tentations du repli identitaire. Ses mises en garde contre l’extrême droite et son appel à « bien voter » lors des élections (tout en précisant qu’il ne fait pas de politique partisane, sauf pour dénoncer les partis qu’il considère comme dangereux pour la démocratie) trouvent un écho considérable.
Héritage et avenir
À 93 ans, le témoin multiplie les interventions malgré son âge avancé. Il est conscient d’être l’un des derniers survivants de la Shoah encore capables de témoigner directement. Son urgence est palpable : transmettre avant qu’il ne soit trop tard, s’assurer que les jeunes générations n’oublieront jamais.
Les librairies belges rapportent que ses livres se vendent toute l’année, avec des pics lors de la Journée internationale de commémoration de l’Holocauste (27 janvier) et lors de ses passages médiatiques. « Plaidoyer pour la paix » est déjà considéré comme un ouvrage de référence qui rejoindra les classiques du témoignage sur la Shoah aux côtés de « Si c’est un homme » de Primo Levi ou « La Nuit » d’Elie Wiesel.
Conclusion : une voix nécessaire
Dans la Belgique de 2025, le témoignage de ce rescapé n’a jamais été aussi pertinent. Ses livres sont des outils pédagogiques essentiels, ses interventions des moments de grâce qui marquent profondément les élèves et le grand public. Sa capacité à pardonner tout en restant vigilant face aux résurgences de la haine, son message d’espoir ancré dans la réalité historique, sa foi inébranlable en la bonté humaine malgré l’horreur vécue – tout cela fait de lui bien plus qu’un auteur ou un témoin.
C’est une conscience morale, un phare dans la tempête, une voix qui nous rappelle, avec douceur mais fermeté, que « la vie est belle, mais c’est un combat permanent ». Et que ce combat pour la paix, la démocratie et l’amitié entre les hommes vaut la peine d’être mené, chaque jour, par chacun d’entre nous.


