Sous l’averse, les mocassins

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Description

Donnez-lui une terrasse de café, une rue déserte, un quidam dans le tram, un paysage, une file d’attente, un lit défait, une averse, un vieux cimetière et avec ses outils — des verbes, des substantifs, des adjectifs, quelques déterminants et de bons vieux adverbes — il est capable de composer une phrase belle à souhait qu’on lit et qu’on relit et qui donne de la réalité observée une vision inattendue, personnelle, étonnante. Pierre-Alain Mercœur fait partie de cette nouvelle génération de tricoteurs d’aphorismes, de ces auteurs dont se délectent les admirateurs du génial Éric Chevillard, dont il se revendique, par ailleurs. Comme il le dit, ses notes sont le petit bois qui alimente quotidiennement l’âtre de son blog. Désormais, le blog s’est fait livre.

  • Les nouveau-nés qui furent abandonnés jadis sur le perron de l’église ont bien grandi, aujourd’hui une bande d’adolescents qui s’ennuient.
  • Il m’a fallu inventer un gros bobard pour pouvoir prendre congé de ces gens ennuyeux. J’ai dit que j’étais misanthrope.
  • J’ai peur de devenir un poète médiocre incapable aussi de monter une étagère.
  • La vraie difficulté sera de secouer la mer à boire. Toute la pulpe est au fond.
  • Elle s’est faite belle pour le reconquérir, a mis une jolie robe, s’est maquillée. Avec un peu de chance, il ne la reconnaîtra pas.
  • — Et toi, tu bosses dans quelle branche ?
    — La branche la plus haute, celle qui caresse le ciel : je suis un poète !
  • Le « v » du mot livre est le livre ouvert entre les mains du verbe lire.
  • Pour soigner ma sortie je fis une rondade, puis je fis une roulade, puis je fis une roue, puis je fis un rot car tout de même je sortais de table.
  • La pluie tombe indifféremment sur toutes les têtes, sauf, peut-être, sur celle de ce pauvre type déjà fort accablé par la vie et qui semble visé plus précisément.
  • J’ai une idée. Je vais faire diversion : pendant que j’occuperai l’espace, toi tu en profiteras pour disparaître.
  • Une fois que je me suis déchaussé, les chaussures sont libres après tout de partir chacune de leur côté.

Sous l’averse, les mocassins | Pierre-Alain Mercœur | Cactus inébranlable éditions | 96 pages | 2019 | ISBN : 978-2-930659-97-8

Informations complémentaires

Dimensions 10 × 18 cm

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